Ca y est, c'est fait. J'y suis maintenant. Déjà. Je fais désormais de l'aristocratie lycéenne tant désiré autrefois. Ceux que j'observais d'en bas d'un air admiratif, maintenant c'est moi, et en fait ça me terrifie. J'en suis déjà, là. C'était loin pourtant avant, j'avais du temps devant moi. Mais il a glissé et depuis je le sens derrière. Je suis donc entré dans le merveilleux monde des Terminales L. Cette hupper class, qui a désormais le droit de crier dans la cour sans honte (quoique, je n'ai pas attendu d'être en terminale pour ça), de haïr son prof de philo tout en étant un chantier de réflexion à ciel ouvert, d'être bohème et niais sans être ridicule, d'être blasé du fait qu'on puisse voir un film au CDI (mais attendez vous vous rendez pas compte ! En sortant d'un collège où le nombre de livre contenus dans le CDI est à peu près aussi grande que la bibliothèque d'un cafard inculte dont je tairais le nom, pouvoir voir des DVD au CDI, c'est une véritable révolution culturelle !), d'avoir des territoires qui sont DEFINITIVEMENT les votres, qui vous permettent de conseiller les petits secondes sur leur profs et surtout qui peut enfin paniquer pour son avenir, son bac, sa vie future et sentimentale, et tout le reste tout en ayant l'air de s'en foutre. Il ne sont pas sérieux parce qu'ils ont 17 ans mais sont inquiet parce qu'ils en auront bientôt 18. On est à la porte de l'âge adulte, on est censé s'essuyer les morceaux d'adolescence qui nous reste sous les chaussures sur le paillasson, mais on ne bouge pas. De toute façon, le pire c'est que ça partira tout seul.